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De nouvelles brèves scientifiques

- Myosites : un carnet aussi rose !

Quelques études menées à petite échelle avaient conclu que les femmes atteintes de myosite auraient plus de difficultés que les autres à avoir des enfants. Pour en avoir le cœur net, des chercheurs suédois ont conduit une analyse de très grande envergure, à partir de deux registres nationaux quasi exhaustifs, l’un portant sur la population suédoise et l’autre sur les soins prodigués à l’hôpital comme en ville.

 

 

- L’interprétation des biopsies musculaires dans les myopathies dysimmunitaires: les disparités selon les examinateurs demeurent.

 

Les myopathies inflammatoires constituent un groupe hétérogène d’affections musculaires non génétiquement déterminées. Aux classiques polymyosites et dermatomyosites sont venues se rajouter ces dernières années de nombreuses autres entités telles que la forme sporadique de myosite à inclusions (IBM), le syndrome des anti-synthétases ou la myopathie auto-immune nécrosante. La classification des myosites repose sur des critères à la fois cliniques et surtout biologiques (type d’auto-anticorps dans le sang et dans le muscle, lésions histologiques). La biopsie musculaire se révèle en pratique un outil de première ligne à l’heure même où l’expertise dans ce domaine tend à se perdre.

 

 

- Myosites : miR-1, un nouveau biomarqueur ?

Le taux de microARN-1 (ou miR-1) dans le sang pourrait être un marqueur biologique de l’activité de certaines myosites et de leur réponse au traitement.

 

La dermatomyosite et la polymyosite font partie des myopathies inflammatoires. Elles sont liées à un dérèglement du système immunitaire, accessible à différents médicaments (corticoïdes notamment). Ces maladies peuvent toucher d’autres tissus que le muscle, à l’exemple des poumons. On parle alors de « pneumopathie interstitielle », qui nécessite de renforcer le traitement. Pour adapter leur ordonnance, les médecins utilisent différents indicateurs : les symptômes, des analyses de sang, l’imagerie...

 

- Myosites : un carnet aussi rose !

Selon une grande étude menée en Suède, les femmes atteintes de myopathie inflammatoire deviennent aussi souvent maman que les autres.

 

Quelques études menées à petite échelle avaient conclu que les femmes atteintes de myosite auraient plus de difficultés que les autres à avoir des enfants. Pour en avoir le cœur net, des chercheurs suédois ont conduit une analyse de très grande envergure, à partir de deux registres nationaux quasi exhaustifs, l’un portant sur la population suédoise et l’autre sur les soins prodigués à l’hôpital comme en ville.

Cette étude a comparé 847 femmes atteintes de myosite à 4 202 femmes indemnes de ces maladies, toutes nées à partir de 1932. Elle ne retrouve aucune différence significative en matière de maternité entre les deux groupes. En moyenne, le nombre d’enfants par femme, l’âge du premier accouchement, l’intervalle entre deux naissances et la proportion de femmes qui n’ont pas eu d’enfants s’avèrent équivalents, qu’elles aient une myosite ou pas.

Cependant, les femmes dont le diagnostic a été posé entre l’âge de 26 ans et celui de 45 ans ont tendance à avoir moins d’enfants. Celles atteintes de dermatomyosite diagnostiquée à cette même période de leur vie sont également plus nombreuses à ne pas avoir eu d’enfants (26,39% versus 19,50%).

Dernier résultat, plus surprenant : les femmes atteintes d’une myosite juvénile et celles diagnostiquées entre 26 et 45 ans ont tendance à avoir leur premier enfant plus tôt que les autres, soit en moyenne à 23 ans, versus 25 ans pour la population générale.

 

Source

Reproductive Pattern in Women with Idiopathic Inflammatory Myopathy - a Population-based Study.

Che WI, Hellgren K, Lundberg IE, Holmqvist M.

J Rheumatol. 2019 August

 

L’interprétation des biopsies musculaires dans les myopathies dysimmunitaires: les disparités selon les examinateurs demeurent

 

Les myopathies inflammatoires constituent un groupe hétérogène d’affections musculaires non génétiquement déterminées. Aux classiques polymyosites et dermatomyosites sont venues se rajouter ces dernières années de nombreuses autres entités telles que la forme sporadique de myosite à inclusions (IBM), le syndrome des anti-synthétases ou la myopathie auto-immune nécrosante. La classification des myosites repose sur des critères à la fois cliniques et surtout biologiques (type d’auto-anticorps dans le sang et dans le muscle, lésions histologiques). La biopsie musculaire se révèle en pratique un outil de première ligne à l’heure même où l’expertise dans ce domaine tend à se perdre.

Dans un article publié juillet 2019, un groupe d’experts internationaux rapporte les résultats d’une étude destinée à comparer l’interprétation en ligne de 24 biopsies collectées dans les mêmes conditions techniques et dans le même hôpital, avec, à chaque fois, un diagnostic présomptif de myosite. A partir de quatre critères de jugement concernant la fibre musculaire elle-même, le degré d’inflammation, le degré de fibrose et la vascularisation, 18 experts ont eu à remplir un questionnaire et à proposer un diagnostic final. Si les experts s’entendaient souvent, mais pas toujours, sur le diagnostic final, l’appréciation initiale des critères varie sensiblement d’un examinateur à l’autre, le tout soulignant la nécessité de réviser ces critères.

 

 

Source

Idiopathic inflammatory myopathy: Interrater variability in muscle biopsy reading.

Olivier PA, De Paepe B, Aronica E, Berfelo F, Colman R, Amato A, Dimitri D, Gallardo E, Gherardi R, Goebel HH, Hilton-Jones D, Hofer M, Holton J, Daa Schrøder H, Selcen D, Stenzel W, de Visser M, De Bleecker JL.

Neurology. 2019 Jul 29. pii: 10.1212/WNL.0000000000008005. doi: 10.1212/WNL.0000000000008005. [Epub ahead of print]

 

 

- Myosites : miR-1, un nouveau biomarqueur ?

Le taux de microARN-1 (ou miR-1) dans le sang pourrait être un marqueur biologique de l’activité de certaines myosites et de leur réponse au traitement.

 

La dermatomyosite et la polymyosite font partie des myopathies inflammatoires. Elles sont liées à un dérèglement du système immunitaire, accessible à différents médicaments (corticoïdes notamment). Ces maladies peuvent toucher d’autres tissus que le muscle, à l’exemple des poumons. On parle alors de « pneumopathie interstitielle », qui nécessite de renforcer le traitement. Pour adapter leur ordonnance, les médecins utilisent différents indicateurs : les symptômes, des analyses de sang, l’imagerie...

 

Un possible indice de maladie active...

Une équipe de chercheurs japonais a évalué l’intérêt de mesurer la concentration dans le sang du microARN 1 (miR-1) pour le suivi des malades sous traitement. Leur étude rétrospective a inclus 22 personnes atteintes de dermatomyosite ou de polymyosite, dont 14 avaient une pneumopathie interstitielle. Leurs bilans sanguins ont été comparés à ceux d’un groupe de 41 personnes contrôles : 30 en bonne santé et 11 atteintes d’une autre maladie auto-immune (lupus érythémateux disséminé).

Publiés en septembre 2019, les résultats de cette étude ont montré que le taux sanguin moyen de miR-1 était plus élevé chez les personnes atteintes de polymyosite ou de dermatomyosite que dans le groupe contrôle, et qu’il diminuait lorsqu’elles étaient traitées.

 

...et de résistance future aux médicaments

De plus, parmi les personnes atteintes de myosite avec pneumopathie interstitielle, celles dont le taux sanguin de miR-1 était élevé au début du traitement avaient besoin d’une dose quotidienne de corticoïdes supérieure trois mois et demi plus tard et avaient reçu davantage de corticoïdes (dose cumulée) durant cette période que celles dont le taux de miR-1 était initialement normal.

Avoir besoin d’une corticothérapie plus forte signifie une moins bonne réponse au traitement usuel. Le taux de miR-1 dans le sang pourrait donc aider, en amont, à prédire cette réponse.

Au-delà, les auteurs de l’article envisagent que miR-1 pourrait jouer un rôle dans l’atteinte des muscles et des poumons. Cette hypothèse, qui reste à valider, conforte néanmoins le potentiel des micro-ARN, une grande famille de découverte relativement récente dans l’espèce humaine mais qui compte déjà plus de 2 500 membres. « Ce champ de recherche est en train de s’ouvrir, soulignait Serge Braun, directeur scientifique de l’AFM-Téléthon lors de la Journée de recherche clinique organisée en septembre 2018. À l’avenir, des microARN pourraient être utilisés pour le diagnostic de myopathies et le suivi de leur traitement, mais aussi comme agents thérapeutiques ».

 

Source

miR-1 is a novel biomarker for polymyositis/ dermatomyositis-associated interstitial lung disease

Sugiyama Y, Yoshimi R, Takeno M et al.

Modern Rheumatology, 2019 September

 

 

Articles AFM complet :  - Myosites : un carnet aussi rose !

                                   - Myosites : miR-1, un nouveau biomarqueur ?

 

Commentaires

  • Atteinte de dermatomyosite avec positivé anti MDA5
    Merci de m’adresser toutes les nouvelles recherches

  • Bonjour Monique,
    Je vous mets en lien les dernières parutions de l'AFM-Téléthon sur les Myopathies inflammatoires dont la dermatomyosite. Je vous invites à vous abonner à la newsletter de notre blog afin de rester informer sur les dernières avancées. Vous pourrez aussi trouver des réponses à vos questions en consultant l'historique des catégories "recherches et avancées" et "brèves scientifiques"

    https://www.afm-telethon.fr/sites/default/files/flipbooks/avancees_dans_les_myopathies_inflammatoires/files/html5/index.html

    https://www.afm-telethon.fr/dermatomyosite-114344

    https://www.afm-telethon.fr/sites/default/files/flipbooks/zoom_sur._les_myopathies_inflammatoires/files/html5/index.html

    http://myopathiesinflammatoires.blogs.afm-telethon.fr/media/00/02/3380138039.pdf

    Bon courage

    Sandrine du GIMI

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