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Journée GIMI du 16 Octobre 2017 (3ème partie)

Intervention du Pr Benveniste -  journée du GIMI du 16/10/2017

 

3ème partie :

la MNAI (myosite nécrosante auto-immune), la DM (dermatomyosite)

et la myosite de chevauchement

 

 

Cette partie reprend les articles suivants :

  1. a) 2 facteurs augmentant la mortalité quand la maladie est diagnostiquée
  2. b) signature interféron dans la dermatomyosite (DM)
  3. c) myosite de chevauchement avec syndrome des anti-synthétases
  4. d) études diverses
  5. e) myosite nécrosante auto-immune (MNAI)

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  1. a) 2 facteurs augmentant la mortalité quand la maladie est diagnostiquée

 

- les cancers et la dermatomyosite (associés souvent aux anticorps anti-NXP2, anti-TIF1Ɣ, mais aussi (découverte récente) aux anticorps anti-Mi2

Ces cancers se déclarent chez des patients diagnostiqués vers les 60 ans, le plus souvent en même temps que la DM. La période critique est de 3 ans après le diagnostic.

De manière générale, quand on a un diagnostic de DM avec un patient de plus de 60 ans, on cherche s'il y a un cancer associé. Il n'y a jamais de cancer chez les enfants.

- les pneumonies interstitielles

L'auto-anticorps anti-MDA-5 (dermatomyosite) est souvent associé à de graves atteintes pulmonaires qui mettent en jeu le pronostic vital pour 1/3 des patients ayant cet auto-anticorps.

 

  1. b) signature interféron dans la dermatomyosite (DM)

 

L'interféron de type 1 est un mécanisme de défense contre les virus. Dans les dermatomyosites classiques et celles associées à l'auto anticorps MDA-5, il a été observé une production anormale (signature) d’interféron qui intoxique le muscle. Que fait l'interféron dans le muscle ? Lors de la culture de cellules musculaires, on voit que le développement des cellules musculaires est fortement perturbé ; le muscle est complètement bloqué.

D'autre part, la production de l’interféron par les cellules est sous la dépendance de protéines telles que les JAK (Janus Kinase). On améliore les choses quand on rajoute des inhibiteurs de JAK. Le médicament utilisé est le ruxolitinib (déjà utilisé pour un type de leucémie).

Le résultat est positif : des patientes ayant une DM avec très forte atteinte cutanée et/ou musculaire ont vu une très nette diminution de leurs atteintes ; parallèlement, la signature interféron dans les globules blancs diminue.

Prochainement, on pense à faire un essai corticothérapie vs inhibiteur de JAK. Plusieurs médicaments inhibiteur JAK sont en cours de développement.

 

  1. c) myosite de chevauchement avec syndrome des anti-synthétases (anti-Jo-1, anti- P-L12, anti-PL-7, anti-OJ, anti-EJ, anti- KS, anti-Zo, anti-YRS)  

 

- C'est une myosite où s'ajoutent une atteinte pulmonaire, une atteinte cutanée touchant les mains (mains de mécanicien – fissures douloureuses du bout des doigts) et une atteinte articulaire (rhumatisme douloureux).

Les anticorps anti-PL7 et anti-PL12 sont liés à des atteintes pulmonaires qui aggravent le pronostic de la myosite.

 

- rituximab (anticorps monoclonal contre les lymphocytes B)

Une étude américaine a montré que les myosites associées aux anticorps Mi2 et Jo1 répondaient mieux au traitement avec rituximab que les myosites sans anticorps.

 

- prochain essai : 88 patients vont être testés pour les atteintes pulmonaires avec anticorps anti-synthétases avec le tacrolimus ou le cyclophosphamide, afin de voir quel est le traitement qui a la meilleure réponse.

 

  1. d) études diverses

 

- une prochaine étude concernera l'atteinte des capillaires avec l'anticorps MDA5

 

- D’autre part une équipe de chercheurs anglais étudie la possibilité d’un gêne prédisposant différent en fonction de chaque type de myosite, sachant que les myosites ne sont pas monogéniques (un seul gène responsable).

 

  1. e) myosite nécrosante auto-immune (MNAI)

(anticorps SRP connu depuis les années 1970 et HMGCoA-Réductase connu depuis 2010)

 

C'est la myosite où il y a le plus de dégât dans le muscle. Elle se distingue par le fait qu'il y a très peu d'inflammation dans le muscle, par contre on y constate surtout de la nécrose.

  • Les enfants peuvent être atteints de MNAI avec l'anticorps HMGCoA-Réductase. La maladie est plus grave chez les jeunes que chez les plus de 50 ans.
  • Les anti-SRP sont plus sévères en termes de handicaps et de dégâts dans les muscles.
  • Les anti-HMGCoA-Réductase peuvent être liés à un traitement par statines (médicament qui réduit le cholestérol).
  • Une étude importante montre que les anticorps anti-HMGCoA-Réductase ou SRP sont pathogènes tout comme les anticorps de la myasthénie.

Lorsque on ajoute ces 2 anticorps à des cellules souches reconstituant une fibre musculaire, on voit :

- que les cellules s'atrophient et que la réparation musculaire est bloquée,

- qu'il y a beaucoup de compléments. Le complément est un mécanisme immunologique qui vient en complément des anticorps pour détruire les bactéries. Quand les anticorps anti-HMGCoA-Réductase ou SRP se déposent sur la fibre musculaire, cela active le complément et des nécroses se forment (mort cellulaire).

  • la quantité d'anticorps anti-HMGCoA-Réductase ou SRP est corrélée au taux de CPK.

 

Un gros budget a été débloqué pour rechercher la partie de l'anticorps (épitope) responsable de la nécrose ci-dessus.

 

  • Il y a un petit sur-risque de cancer pour les MNAI associées aux anticorps anti-HMGCoA-Réductase qui n'existe pas avec les anticorps SRP.

 

Anne pour le GIMI 

Commentaires

  • Merci pour ces informations qui sont très intéressantes et qui prouvent bien que la recherche progresse de plus en plus et qu'il faut y croire. Bonne journée à tous. Brigitte.

  • Bonjour. Étant atteinte de Myosite à inclusion j’aim’étais réncontrer des personnes atteintes de la même maladie pour échanger

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